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Données personnelles : reprenons le pouvoir
17/09/2015

Sans en être toujours conscients, nous produisons chaque jour des données par milliers, collectées par des organisations, stockées sur Internet, exploitées ou dormantes. Et si l’on imaginait un retour de ces données personnelles à leurs propriétaires ? Comment les partager ? Pour quoi faire ? Des pistes s’ouvrent en France et dans le monde.

Quand vous réglez vos courses et donnez votre carte de fidélité, quand vous validez votre carte de transports, quand vous préparez vos vacances sur internet… Vous laissez des des traces informatiques, autant de données qui sont capturées et exploitées par les entreprises. Au-delà des démarches de protection, qui demeurent indispensables,

une autre voie se dessine : partager avec les individus les données qui les concernent, pour qu’ils les utilisent a leurs propres fins. C’est ce que la FING appelle «le self data », le retour des données personnelles aux individus. « Il ne s’agit pas de diaboliser la détention des données personnelles par les entreprises ou les administrations, mais de les sortir de l’opacité où elles se trouvent souvent, et surtout, de permettre aux citoyens d'en faire usage », explique Daniel Kaplan, délégué général de la Fédération Internet Nouvelle Génération (FING). « L’objectif est de permettre aux consommateurs-citoyens de reprendre le pouvoir sur leurs données en leur trouvant une application qui peut leur être utile. » Une tâche ardue : les données sont souvent austères, codifiées, peu intelligibles par les non-spécialistes.

 

Rendre ces données utiles

Cette réappropriation ne pourra s’exercer que sur la base d’un partage entre les organisations et le citoyen sur le mode : « Si nous avons des données sur vous, vous les avez aussi. Et vous en faites… ce qui a du sens pour vous». Quand nous autorisons ou non notre portable à utiliser notre géolocalisation pour profiter (ou non) d’un service de guidage, nous profitons d'une donnée mais, contrairement au fournisseur du service, nous n'en gardons pas la trace. Pourrions-nous rééquilibrer cette relation au bénéfice des individus? Aux Etats-Unis, dans le cadre du « Blue Button », un service d’accès aux données de santé, un Américain sur 3 peut récupérer ses données de santé (mutuelles, assurances, examens, consultations). Il peut ensuite les exploiter à l'aide d'applications, les soumettre à des professionnels de santé, ou même accepter de les transmettre (de manière anonyme) à des chercheurs dans le cadre d'études cliniques.
Il existe d’ores et déjà des services connectés qui permettent de mieux gérer sa santé avec des applications ou des objets qui calculent pour le promeneur le nombre de ses pas, le nombre de calories dépensées au vu des menus décrits. « Demain, poursuit Daniel Kaplan, on peut imaginer des multitudes de services qui nous assisteront au quotidien pour le simplifier »: gérer tous nos documents administratifs, calculer notre consommation en énergie pour mieux l’optimiser, nous recommander de prendre notre médicament, etc. «Tout l’enjeu est d’inventer un monde de données qui soit au service des individus. » La rétrocession des données personnelles aux propriétaires n’a de sens que si l’on invente la vie qui va avec. Patience, cela arrive. 

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